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Quel rôle pour le médecin du travail ?

Dans le cadre du retour à l’emploi des personnes qui ont souffert d’un cancer du côlon et/ou du rectum, le médecin du travail est un allié de choix

pour réussir cette étape délicate.

Quel rôle pour le
médecin du travail ?

Dans le cadre du retour à l’emploi des personnes qui ont souffert d’un cancer du côlon et/ou du rectum, le médecin du travail est un allié de choix pour réussir cette étape délicate. Il fait le point sur les souhaits et les capacités du patient, et propose un scénario pour que ce retour ne soit pas source de stress, d’anxiété ou de désorganisation pour l’employeur.

Lorsqu’on souhaite reprendre ses activités professionnelles après un cancer colorectal, le médecin du travail est l’interlocuteur privilégié à la fois du patient, de son employeur, du médecin traitant et, dans certaines situations, du médecin-conseil de la Sécurité sociale. Son rôle est de transformer les souhaits du salarié en propositions concrètes compatibles avec l’environnement professionnel, afin que le salarié puisse de nouveau travailler sans risquer l’épuisement ou l’excès de stress.

Le médecin du travail, un partenaire facilement accessible

Il n’y a pas de limite au nombre de consultations auprès de son médecin du travail. À tout moment, il est possible de lui demander un entretien, sans avoir à en donner les raisons à l’employeur. Par contre, il n’est pas possible de changer de médecin du travail, seul celui associé à son employeur peut intervenir.

Lorsqu’on souhaite reprendre sa vie professionnelle après un cancer, la première étape consiste à consulter son médecin du travail dans le cadre d’une visite de pré-reprise

Cette visite peut être demandée par le patient, le médecin traitant, voire le médecin-conseil de la Sécurité sociale.

Lors de cette visite, en fonction de la nature de l’emploi, de l’état de santé du patient, de la date de reprise envisagée, le médecin du travail va constituer un ensemble de recommandations, en lien avec le médecin traitant, le médecin-conseil de la Sécurité sociale et, éventuellement, l’assistante sociale de la CRAM (Caisse régionale de l’Assurance maladie). Ce sont ces recommandations qui seront négociées avec l’employeur pour préparer au mieux le retour du salarié.

Lorsque l’arrêt maladie a duré plus de trois mois

Selon le Code du Travail, lorsque l’arrêt de travail a duré plus de trois mois, le médecin-conseil, en liaison avec le médecin traitant, peut directement solliciter le médecin du travail pour préparer et étudier les conditions et les modalités de reprise du travail ou envisager des démarches de formation.

Le médecin du travail, initiateur de l’aménagement des conditions de travail

Parmi les propositions que peut faire le médecin du travail, les deux plus fréquentes sont l’aménagement du poste et la mise en place d’un temps partiel thérapeutique.
Pour proposer un aménagement des conditions de travail qui soit compatible à la fois avec la santé du salarié et la bonne marche de l’entreprise, le médecin du travail se déplace généralement sur le lieu de travail pour mieux connaître les conditions de travail par le passé (avant le diagnostic) et au moment choisi pour le retour dans l’entreprise. Il rencontre l’employeur (parfois en présence du salarié) pour discuter des options en termes d’aménagement.

À la suite de cette visite, il formule ses recommandations. L'employeur est tenu de prendre en considération celles-ci et, en cas de refus, de faire connaître les motifs qui s'opposent à ce qu'il y soit donné suite, par exemple à cause de leur impact sur la charge de travail des autres membres de son équipe. Idéalement, après négociation, un agrément est trouvé entre le médecin du travail, l’employeur et le salarié.

« Il a fait déménager mon bureau. »

« Je n’ai guère eu besoin d’aménagement de mon poste. Mais le médecin du travail a quand même demandé et obtenu que mon bureau soit déplacé au même étage que les toilettes, sans que je le lui en parle. J’ai trouvé ça très pro de sa part. »

Maryse, 55 ans, Lyon.

Le médecin du travail, chargé de l’accompagnement du salarié

Medecin du travail

Après la reprise, le médecin du travail voit régulièrement le salarié. La première visite, obligatoire, doit intervenir dans les huit jours qui suivent le retour au travail après un cancer. C’est la visite dite « de reprise », au cours de laquelle le médecin du travail s’assure que les engagements de l’employeur ont été tenus et que le salarié est satisfait de sa nouvelle situation.

Cette visite reste obligatoire après un arrêt maladie de plus de trois semaines ou des arrêts répétés pour raisons de santé, même si le salarié a effectué auparavant une visite de pré-reprise. Comme lors des visites habituelles, le médecin du travail décide alors si le salarié est « apte » ou « inapte » (totalement ou partiellement) au travail sur son poste.

Dans les mois qui suivent, le médecin du travail veille sur le bon déroulement de la reprise en dialoguant avec le salarié, mais également avec l’employeur est qui le garant du respect des aménagements négociés ensemble.

Une fois de retour dans la vie professionnelle, y a-t-il un intérêt à garder un lien avec son médecin du travail ?

Témoignage du Docteur Laetitia Rollin, médecin du travail,
CHU de Rouen.

Le médecin du travail, un interlocuteur de confiance

Comme tout médecin, le médecin du travail doit respecter le code de déontologie et le secret médical vis-à-vis de son patient.

Dans le cadre de ces échanges avec l’employeur, le médecin du travail ne fait état que de l'aptitude ou de l'inaptitude du salarié pour le poste envisagé sans indication de diagnostic. L'employeur ne peut en aucun cas consulter le dossier médical du salarié.

Comment parvenez-vous à garantir la confidentialité
et le secret médical ?

Témoignage du Docteur Laetitia Rollin, médecin du travail,
CHU de Rouen.

Cette confidentialité est plus difficile à maintenir lorsque le médecin du travail est, lui aussi, un salarié de l’entreprise où travaille le patient. Les rares cas de non-respect du secret professionnel ont eu lieu dans ce type de situation. Pour cette raison, le médecin du travail salarié d’une entreprise bénéficie d’un statut protégé, au même titre que les délégués du personnel.

« J’étais très méfiante. »

« Au début, je me méfiais de mon médecin du travail. Il est salarié de mon entreprise et je n’étais pas sûr qu’il puisse tenir sa langue sur mon cancer. Je n’avais pas envie de me traîner une étiquette de « cancéreuse », surtout que je n’avais pas besoin de chimio et que mon absence serait de courte durée. Il a dû sentir ma méfiance parce qu’il a d’emblée abordé la question et m’a rappelé que le non-respect du secret médical pouvait lui coûter le droit de pratiquer la médecine. Du coup, je me suis senti plus tranquille et il a été précieux pour que mon retour au travail se passe bien. »

Antoinette, 52 ans, Antony.

Références :
http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Le-cancer-colon-travail,409.html
http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2211.xhtml
• Article R4623-1 du code du travail (missions du médecin du travail) :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=8371E9F0195F19D66B9F2B1715815455.tpdjo01v_1?idSectionTA=LEGISCTA000025279926&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20140415
• Protection des médecins du travail salariés d’une entreprise : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F13940.xhtml
• Circulaire DGT no 01 du 5 février 2007 relative à l’application de la santé au travail à destination des salariés et des sites éloignés
• La relation médecin - patient en médecine du travail : http://www.medecinedutravail.net/